Problèmes et défis posés au Bangladesh

La vie précaire dans les Chars

 


Les " Chars " sont ces îles éphémères qui surgissent et disparaissent au gré des inondations annuelles du grand fleuve qui irrigue toutes les terres bangladaises à travers les multiples bras de son estuaire. D'une durée moyenne d'à peine plus de 10 ans, ces îles sont dépourvues de toute infrastructure publique et quasiment de tout service.
Les habitants de ces îles sont le plus souvent des " sans-terres ", et sont parmi les populations les plus vulnérables du Bangladesh.

 

La situation actuelle

Chaque " Char " compte en moyenne 272 familles (en fait entre 35 et 800).

Erosion

Le phénomène naturel dominant est lié à l'érosion fluviale. Chaque crue annuelle déplace une partie de ces îles et les rives des bras du fleuve. 99% de la surface du lit fluvial actuel a connu au moins une période " Char " entre 1973 et 2000. Les trois-quart des Chars " vivent " moins de 10 ans et un sur 10 vit environ 18 ans (surtout dans le haut Meghna). On peut voir ces îles réparties dans les lits du Brahmapoutre (Jamuna), du Gange (Padma),  et du Meghna sur les quelques cartes disponibles, mais bien évidemment selon des indications topologiques qui s'avèrent vite inexactes.

Inondations

Chaque crue inonde le Char et les habitants doivent grouper leur bétail sur des monticules pour tenir une ou deux semaines avant de partir vers des refuges problématiques. Si la crue est sévère, ils y emportent leurs biens, et même essaient d'y déplacer leur maison, faite de bambous et de tôles ondulées faciles à démonter et remonter. Les récoltes sont perdues si le paysan a été pris par surprise par la rapidité de la montée des eaux. La vie dans les Chars est donc marquée par la précarité et la dépendance permanente à l’égard  de l'environnement naturel. La crue fatale pour le Char disparu donne ensuite droit à une place dans un jeune Char (sous réserve des aléas de pouvoir).

La précarité de la vie sur les Chars décourage tous les techniciens des services publics, en particulier, les enseignants ; c'est pourquoi il n'y a pas d'école gouvernementale sur les Chars. Pour se soigner, il faut également aller sur la terre ferme, et payer très cher ; on transporte les malades sur des civières portées à bras et on prend les différents bacs pour accéder au 1er village sur la rive qui soit doté d'un dispensaire. Il n'y a pas non plus d'accès facile aux marchés quand les eaux sont basses ; il faut marcher longtemps et traverser les lits des bras du fleuve à pied ou juchés sur des charrettes à âne ou à cheval qui servent de bac.

 

Le projet de GK

Le conseil local des UP (" union parishad " est l'équivalent de notre conseil municipal) ne fournit pas d'infrastructures et délaisse ces populations pauvres, illettrées, vulnérables aux vents, pluies, inondations et sécheresses, vols de bétail, etc. Le projet de GK, dans sa finalité, est d'aider ces gens à prendre conscience de leurs droits fondamentaux et forcer les communes (UP) dont ils dépendent à les respecter. Il s'agit de combattre l'ignorance, la maladie, la faim et la pauvreté ainsi que la vulnérabilité face à la nature. Le moyen clé de la prise de pouvoir (" empowerment ") est la promotion des femmes et leur prise de responsabilité dans les actes majeurs de la vie de ces communautés.

Concrètement GK met en place sur les Chars de Gaïbandha et de Kurigram, surtout, des Centres de Développement Intégré qui offrent des services multiples (santé, école, prêt saisonnier,  banque coopérative,..) grâce à des personnels présents 24 h sur 24, et où sont proposées aux paysans, aux femmes tout particulièrement, des réunions hebdomadaires de formation et d'information sur le développement des communautés (conseils sur la santé, l'agriculture; la gestion de leurs prêts, ...)

 

 

 

 

 

 

Comit de soutien  CK-SAVAR BANGLADESH