Les actions de GK

L'éducation

 

Même si GK est à l'origine une ONG de santé, le Dr. Zafrullah a très vite compris que le levier du développement de son pays résidait d'abord dans l'éducation, mais une éducation ouverte autant aux filles qu'aux garçons, et dispensée par des femmes. Il a donc ouvert de nombreuses écoles primaires et plus récemment une grande université. Le système éducatif de GK se distingue par des caractéristiques propres très spécifiques et novatrices.

 

Les écoles primaires de GK: "Gonopatshala" 

A partir de 1976, GK a ouvert jusqu'à 187 écoles, particulièrement dans les zones les plus reculées où aucun service public ne fonctionnait. GK a ainsi ouvert la voie pour une éducation accessible à tous et dispensée par des femmes issues des communautés locales. 445 enseignantes furent engagées.

Peu à peu, en fonction des opportunités locales (ONG et communautés villageoises) et des prises en charge gouvernementales, GK a transmis nombre de ses écoles qu'il avait construites et portées pédagogiquement pendant des années.

Actuellement on ne compte plus que 10 écoles primaires tenues par GK (programme Gonopatshala). Le programme d'éducation formelle suit le programme officiel (standards d'éducation formelle), mais est enrichi par des notions d'anglais, des cours d'éducation à la citoyenneté, des cours d'histoire et de géographie locales et des cours sur le respect de l'environnement, l'hygiène et l'éducation à la santé, en particulier la préparation des fameuses potions de réhydratation par voie orale, si précieuses pour traiter les diarrhées. Dans toutes les écoles de GK, afin de préparer les enfants aux responsabilités, les élèves en " tête de classe " sont encouragés à aider les élèves en difficulté. La plupart continuent en écoles secondaires.

L'attention portée à chaque élève, le bannissement de tout châtiment corporel, des relations suivies avec les parents d'élèves, l'animation des conseils de parents, les visites aux familles dans les villages...font partie intégrante des devoirs et tâches des institutrices de GK.

D'autre part, chaque école est en lien avec un centre de santé de GK situé à proximité, de sorte que les élèves et leurs familles peuvent bénéficier d'un système de soins réguliers avec une assurance santé. Toutes ces spécificités font la réputation de GK parmi les autres ONG et surtout par rapport aux pratiques habituelles des écoles gouvernementales.

La pédagogie employée dans ces écoles de GK est assez conforme à celle que l'on trouve traditionnellement dans tout le Bangladesh : elle est fondée sur le "par coeur". Au début au moins, cet apprentissage n'est pas toujours accompagné de la juste compréhension de ce qui est lu ou récité. Le but premier est d'accéder à la maitrise du texte. Méthode pédagogique qui n'est pas sans nous étonner mais dont on doit constater qu'elle produit très bien ses effets. 

Dans les Chars : 10 Centres de Développement Intégré ont été réalisés avec chacun une école de 3 classes. Le gouvernement reprenant peu à peu à sa charge les écoles, et les moussons successives en ayant dévasté certaines, GK n'en gère plus que trois : Kolakata, Zhanzaïr, Austoashir.

Dans toutes les écoles de GK, sont dispensés régulièrement des conseils d'hygiène et de santé, on y pratique notamment des exercices d'hygiène réguliers (dents, ongles, bain, petites plaies...lutte contre les diarrhées fréquentes), et on y cultive un jardin pédagogique.
Des services complémentaires sont fournis dans ces écoles : au cours de réunions de clusters (groupe de 5 ou 6 chars), on incite les paysans à la replantation d'arbres et à la culture de potagers familiaux. Diverses réunions de concertation sont organisées en direction des SMC (Conseils d'école) et des parents d'élèves.
Tous les élèves et leurs familles ont droit aux soins gratuits. A l'école, des vitamines sont distribuées régulièrement à tous les élèves, ainsi qu'un sac de graines de légumes à levée rapide pour le jardin familial.

Dans les CHT (Chittagong Hill Tracts) : un programme très innovant qui s'est achevé fin 2013.

A partir de 2001, GK avait implanté 98 écoles au service des minorités tribales qui vivent dans ces régions  montagneuses très difficiles d'accès. C'est certainement la région la plus pauvre du Bangladesh ; les collines escarpées sont fort peu propices à la culture. Depuis 2015, toutes ces écoles ont été reprises, soit par le gouvernement, soit par des ONG strictement locales qui seules sont autorisées à exercer. GK n'a donc plus d'écoles sous sa responsabilité dans les CHT. 

GK avait fait un travail remarquable dans ces zones tribales des CHT et avait tenu seul pendant des années la totale responsabilité financière et pédagogique de ces écoles pionnières.
En maintenant sa volonté d'embaucher des jeunes femmes issues elles-mêmes des communautés où sont implantées les écoles, et par le fait même de la présence dynamisante de ses personnels éducatifs et sanitaires, GK a su engager un processus de responsabilisation civique et sociale communautaire, contribuant à réaliser un apaisement des tensions locales. L'engagement et l'investissement des institutrices (et des chefs de villages qui les accueillent et les protègent) sont impressionnants.

Les méthodes d'enseignement novatrices de ces écoles multilingues, ont constitué une véritable aventure pédagogique.
Dans les zones reculées des Hill Tracts, les enfants ne parlent pas, et encore moins n'écrivent, le Bengali. Le défi est donc d'amener ces enfants à acquérir tout à la fois, la maîtrise de leur langue nationale écrite et parlée, de leur donner les bases requises en langue anglaise (c'est le cas dans toutes les écoles primaires du Bangladesh), et aussi de maintenir l'usage, y compris scolaire, de leur langue maternelle, de même que la transmission de leurs propres coutumes et cultures tribales. Les institutrices parlent donc la langue locale dans laquelle s'expriment les enfants. Comme la plupart du temps il n'existe pas d'alphabet dans les dialectes, GK a cherché à développer l'usage de documents pédagogiques rédigés à l'aide de l'alphabet bengali, mais dans la langue d'origine. GK s'efforce ainsi que soit respectée et développée, la prise de conscience, par ces enfants et leurs parents, de leurs spécificités culturelles. Il existe aussi des documents en langue et alphabet vernaculaires qui sont imprimés à l'imprimerie de GK à Savar.

Ces petites écoles sont habituellement tenues par 2 jeunes institutrices. Tout le village connaît et observe leur travail. Souvent leur domicile est assez éloigné de l'endroit où est implantée l'école. Elles sont dépendantes des villageois pour leur nourriture et leur protection. En effet GK tient à rappeler aux villageois que l'école et son bon fonctionnement sont placés sous leur responsabilité partagée. La présence continuelle des institutrices et des personnels de santé, habitant sur place, issus des mêmes populations tribales, est un facteur positif direct de la promotion et de la conscientisation de ces minorités isolées.L'école et ses institutrices demeurent le pivot du plan de développement intégré dans ces villages.

 

 

L'université de GK 

Université Gono Bishwabidyalay : 4600 étudiants en 2016, dont 600 pour la faculté de médecine.

Le 14 Juillet 1998, GK a ouvert une Université à Savar avec ces différentes facultés : sciences médicales, sciences physiques et mathématiques, art et sciences sociales, science vétérinaire. 55% des étudiants sont des filles. Il a été prévu des bourses pour les étudiants issus de familles pauvres. Les diplômes délivrés au bout de 4 ou 5 ans d'études selon les spécialités, sont reconnus par l'Etat.

Les méthodes d'enseignement se veulent novatrices, en particulier interactives. Mais, tout particulièrement, GK inclut dans la formation médicale (proposée selon des standards très proches des standards européens) des modules de formation novateurs, adaptés aux soins à donner aux villageois très pauvres et sans hygiène de base. GK s'efforce également de convaincre le plus possible d'étudiants de médecine, en particulier, d'exercer ensuite en milieu rural (donc pauvre). Il  est donc imposé à tous les étudiants un stage de 6 mois en milieu rural avec découvertes des coutumes spécifiques, et aussi de la médecine par les plantes traditionnelles ...mais un pourcentage encore trop faible d'étudiants, accepte de répondre à cet appel " militant " de solidarité avec les pauvres, et de renoncer aux attraits de la médecine urbaine plus lucrative. C'est l'une des 52 universités privées du pays, qui compte par ailleurs 20 universités publiques (dont certaines de très grande taille, comme celles de Dhaka ou de Rajsahi). 80 % de ses professeurs enseignent à plein temps.

Les boursiers s'engagent à travailler 2 ans pour GK. 10 à 20 % des diplômés vont à l'étranger (post-docs ou emplois). Le coût total des études de médecine est de l'ordre de 10 000 dollars pour cinq ans. Les frais de scolarité sont modulés (comme pour les autres formations) en quatre classes, dont trois avec des bourses permettant de réduire les frais de scolarité de 25 à 70 %, en fonction de la catégorie socio-économique, des résultats et de l'assiduité. Le gouvernement ne contribue pas aux frais de scolarité.

Seules les étudiantes de première année peuvent être logées dans une résidence sur le campus, pour faciliter leur adaptation à une vie nouvelle, surtout quand elles ne sont pas de la région. L'université a développé des relations avec des propriétaires des villages avoisinants, pour qu'ils logent des étudiants dans des conditions sécurisées et avec des garanties de paiement des loyers. La présence d'étudiants en médecine est aussi un moyen de faciliter pour les villageois le recours à des soins.

L'Université a passé des accords avec quelques universités étrangères pour des échanges d'étudiants : Université de Heidelberg, Allemagne (génie biomédical, physique médicale), Université de Anhalt (Suède). Elle reçoit aussi quelques étudiants étrangers, sans leur accorder de bourses.

Le 12 janvier 2011 a eu lieu la première et grandiose "convocation" de remise des diplômes de l'université par le ministre de l'Education Nationale en personne.

Sur un terrain de 4 hectares donné par le GK Trust (à droite sur la petite route menant à l'entrée du campus, en continuant au-delà), trois grands bâtiments parallèles ont été construits ainsi que la résidence des étudiantes. 

L'inauguration officielle de ce nouveau campus a eu lieu fin 2012. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comit de soutien  CK-SAVAR BANGLADESH