Les actions de GK

La santé

 

Fidèle à la visée originale qui a présidé à la naissance de GK, le Dr Zafrullah cherche encore et toujours à procurer des soins de qualité adaptés aux plus pauvres là où ils se trouvent : dans les villages, dans les bidonvilles, dans les zones désertées par les pouvoirs publics ou les autres ONG. Par divers moyens mis en oeuvre GK continue à inventer et à mettre en place des structures de soins qui tracent la voie, mettent en évidence la place primordiale de la santé dans des processus de développement intégré. 

Les différents programmes de santé :

  • Les Paramédics
  • Les soins liés à la maternité
  • Le système d’assurance-maladie 
  • Les hôpitaux 
  • Les centres de développement intégré dans les Chars et les CHT
  • Le camp médical spécialisé
  • La production de médicaments essentiels 

Actuellement, GK fournit des soins de santé primaire à 1 180.000 personnes dans 615 villages et dans 15 districts répartis à travers le pays. Le système de santé est organisé en 39 centres ("static centers") disposant de 3 à 5 lits pour le traitement des maladies communes et en 6 hôpitaux (Referral Hospital) disposant de moyens d'opérations : Dakha (275 lits), Savar (275 lits), Sreepur (50 lits), Charfasson (30 lits), Kashinathpur (20 lits) et Dhanghora/Gaibandha (10 lits). En 2016, le nombre des médecins de GK est de 67 et celui des internes de 84. Dans tous les centres de GK interviennent aussi les "paramédics". Elles/ils sont environ 330 en activité (sans compter les paramédics en formation). 70% sont des femmes. Il est à noter que la formation des paramédics par GK est connue dans tout le Bangladesh, et que nombre d'entre elles sont embauchées par d'autres ONG. GK a formé près de 2000 paramédics depuis le début.

 

Les Paramedics 

 

Le concept de "paramédic"

Dans un pays musulman traditionnel comme le Bangladesh, l'équipe de GK prend en compte la nécessité de former des femmes, travailleuses de santé, pour faciliter l'accès aux soins des villageoises. GK recrute des jeunes filles dans les villages de la région et les forme pendant 18 mois (théorie et pratique). Elles sont chargées des soins de santé primaire (en milieu rural surtout), de l'hygiène, des conseils aux femmes pour leur propre santé et celle de leur famille. Ainsi grâce au Dr. Zafrullah  le concept des "paramédics" a vu le jour au Bangladesh. Ces travailleuses de santé se rendent chez les paysans pour un système de soins "aux portes des maisons". Pour faciliter leur déplacement entre le Centre et les villages, elles apprennent à monter à bicyclette, ce qui est tout à fait révolutionnaire dans le pays. Pour une jeune fille, aller de village en village à vélo, est, en soi, un geste de libération et de protestation contre le fondamentalisme. 

Mais le succès des paramédics n'a pas été obtenu sans difficultés. Mal perçues par les intégristes musulmans, elles ont été, au début, accueillies dans les villages par des jets de pierre des mollahs. En 1975, un de leurs collègues, Nizam, a été assassiné par des hommes de main, pour avoir dénoncé la corruption et les abus du médecin privé du village de Shimulia.

Au fil des années, tirant les conséquences des succès et des échecs, les programmes de soins de santé primaire de GK ont eu des répercussions sur la politique de santé du pays. En 1976, à la conférence d'Alma Ata, l'exemple de GK a également influencé l'UNICEF et l'OMS dans l'établissement de la Charte des soins de santé primaire.

 

La formation et le travail des paramédics 

Recrutées avec le niveau du SSC (Secondary School Certificate), les paramédics reçoivent 6 mois de formation théorique, puis 12 mois de pratique sur le terrain, encadrées par une paramédic confirmée. Elles travaillent en étroite collaboration avec les TBA (sages-femmes traditionnelles) dans les villages. Elles opèrent une visite mensuelle dans les villages et transportent avec elles les médicaments de base. Elles se considèrent comme responsables particulièrement de la santé des femmes enceintes (souvent les dernières nourries dans la famille après le mari et les enfants), et de la mortalité maternelle. Elles vont assister personnellement aux funérailles d'une femme morte en couches ou d'un enfant mort à la naissance. Elles cherchent à connaître les causes de ces décès et expliquent aux villageois par quelles actions préventives, ces décès, dans bien des cas, auraient pu être évités. Cette action a un grand impact auprès des villageois. D'autre part, elles sont chargées d'établir un rapport mensuel des naissances et décès, dans les villages dont elles ont la charge, particulièrement détaillé en ce qui concerne la mortalité infantile et la mortalité maternelle. 

 

La formation aux soins du grand âge

Actuellement on assiste au Bangladesh à un changement des structures familiales et des mentalités, ainsi qu'à une élévation de l'espérance de vie, qui conduisent à ce que davantage de personnes âgées se retrouvent isolées et vulnérables. GK veut développer les compétences de ses personnels de santé, pour répondre aux nouveaux besoins de soins. Cela passe par des formations complémentaires notamment en " physiothérapie " (soins physiques et kiné) et par une prise en charge, par les paramédics, des visites et des soins aux personnes âgées dans le cadre de leur activité régulière dans les villages.

 

Les soins liés à la maternité

 

GK a une longue expérience du travail avec les TBA (sages-femmes traditionnelles) qui assurent 85 % des accouchements, davantage sans doute encore en zones rurales. La collaboration entre les paramédics et les TBA a toujours été recherchée car les TBA sont des informatrices précieuses sur les problèmes de santé des femmes et des enfants dans les villages. GK considère que leur rôle n'est pas près de disparaître et qu'il est préférable pour la santé publique de leur permettre d'améliorer leurs pratiques et leurs relations avec le système de santé, plutôt que de les ignorer ou de les combattre.

GK a mis au point une formation spécifique pour ces TBA qui connaît un grand succès : à ce jour, plusieurs milliers de TBA ont été formées, à la demande également d'autres ONG.
Lire le récit de la visite effectuée par le docteur Florence Mesnil, membre du bureau du Comité, de retour de mission 2015.

Le gouvernement a voulu récemment mettre en place, dans ses centres de santé, des sages-femmes plus qualifiées, "skilled birth attendants" (SBA). Ayant reçu une formation générale plus complète, et une formation professionnelle de type "occidental", elles sont peu enclines à vivre dans les villages, comme les TBA. Elles sont basées dans les centres de santé publics, où l'absentéisme reste un fléau. N'étant pas en permanence auprès des parturientes, elles ont tendance à avoir recours à des moyens permettant de contrôler et/ou de provoquer l'accouchement (injection d'ocytocine), ce qui peut entraîner des complications, et favoriser l'envoi vers des cliniques ou des hôpitaux dans des cas où ce ne serait pas nécessaire. Le développement des cliniques et hôpitaux privés s'accompagne d'ailleurs de pratiques néfastes, les birth attendants, y compris les TBA se voyant proposer des commissions, si elles y envoient des femmes pour des accouchements. Ainsi, ces établissements encouragent le recours aux césariennes, facturées 10 000 takas, une somme considérable pour des foyers pauvres.

Le modèle proposé par Savar est de favoriser l'accouchement à domicile par des TBA en liaison avec les paramedics des centres de santé GK. En cas de difficultés, les TBA peuvent appeler les paramédics (c'est devenu possible avec la généralisation du portable !) qui se déplacent immédiatement dans les villages. S'il subsiste des complications, la paramédic fait alors transférer la future mère à un hôpital proche par tout moyen disponible (ambulance, bateau, rickshaw, etc).

GK agit en faveur de la non médicalisation de l'accouchement : aucune péridurale, peu de recours à l'épisiotomie et très peu de césariennes  (6% des accouchements, contre 20 à 25 % à l'hôpital bangladais comme en France). GK favorise la contraception (la pilule -gratuite- est le moyen le plus utilisé, dans 80 % des cas, alors que la vasectomie ne représente que 1 % des méthodes de contraception).

Toutes ces actions s'avèrent très efficaces : le taux de mortalité infantile dans les familles suivies par GK est de 14,12 pour 1 000 naissances, contre 33 au Bangladesh, et sachant que l'objectif du Millenium 2015 pour le Bangladesh est de 31 pour mille (3,4 pour la France) ; le taux de mortalité maternelle dans les familles suivies par GK est de 123,5 pour 100 000, contre 203 au Bangladesh, et sachant que l'objectif du Millenium pour 2015 pour le Bangladesh est de 144 pour 100 000 (9.6 pour la France).

 

Le système d’assurance maladie

 

Le système proposé est semblable à celui développé avec succès depuis près de 40 ans dans les centres de santé primaire de GK. Une cotisation annuelle minime couvre chaque ayant droit et sa famille au prorata de sa situation financière classée en 6 catégories (à partir de 20 takas par an, +5 pour les fumeurs). Outre sa carte d'affilié, il reçoit un livret de santé couvrant les soins de chaque membre de sa famille. Les consultations de généraliste sont ensuite gratuites jusqu'à la classe sociale moyenne dite inférieure, de même que les consultations de spécialiste jusqu'à la classe dite pauvre qui n'acquitte que 30 takas. Les médicaments prescrits sont gratuits pour la classe des « déshérités », et facturés à 75% pour les très pauvres, puis à 100% pour les 4 classes « pauvres » et au-dessus.

Ce double système est en place maintenant depuis décembre 2009 sur Dakha, en liaison avec le Gonoshastaya Nagar Hospital de la capitale, et avec le soutien d'une ONG allemande MEDICO International. Il accueille déjà par an l'équivalent de 60% des patients du Nagar Hospital (pour des soins bien sûr différents), et semble en passe de rencontrer un vrai succès pour une politique de santé publique des plus pauvres.

 

L'assurance santé des Rickshawpullers et les cliniques mobiles

GK a décidé de se focaliser sur la santé des plus pauvres des bidonvilles et des banlieues urbaines en pleine explosion. GK a tenté d'ouvrir son système de santé publique qui réussit bien dans les villages, à ces travailleurs « urbains », mais avec beaucoup de difficultés.

Dans la société bangladaise, autrefois très rurale, l'urbanisation croissante tend en effet à détruire les liens sociaux qui irriguent les solidarités villageoises pour capter, dans les bidonvilles périphériques ou les interstices du tissu urbain, une population pauvre déracinée, d'autant plus vulnérable qu'elle est confrontée aux métiers les plus dévalorisés et les plus précaires : manœuvre payé à la tâche, ramassage des déchets, ou travaux sous-qualifiés des industries textiles ou du bâtiment. Parmi ces malheureux, une population est particulièrement touchée, celle des Rickshawpullers, ces innombrables pousseurs de tricycles dévolus partout au transport des marchandises ou des personnes. Ce métier, exceptionnellement dur laisse, selon le docteur Zafrullah, une espérance de vie à ceux qui l'embrassent de moins de 15 ans, tant les efforts répétés, la pollution des agglomérations et la surcharge épuisent vite les organismes trop sollicités.

Les tricycles, souvent propriété d'une petite compagnie locale, sont confiés au pousseur contre un prix de location à ramener à la fin du service, en général douze heures plus tard.

Pour plus d'un million de travailleurs misérables, pilotant les quelques 500 000 Rickshaws rien qu'à Dakha, le dispositif de GK a dû être réinventé, afin de vaincre la méfiance générée par des offres de soins qui s'évanouissent avec l'argent engagé, des distances et du temps excessif pour se rendre à l'hôpital de référence éloigné de 5 à 20 km des bidonvilles. C'est ainsi que le Dr Zafrullah a décidé, d'amener médecin et personnel soignant sur le terrain des Rickshawpullers avec le concept de Clinique Mobile.

Elle se présente sous la forme d'une camionnette équipée de panneaux solaires, qui stationne chaque semaine en un lieu de concentration de Rickshawpullers : grand carrefour, gare, bidonville de domicile, garage de tricycles, etc... A raison de deux vacations par jour 6 jours sur 7 (8h30 -13h et 14h -18h), elle assure 12 permanences par semaine pour un suivi de santé primaire efficace et économe. Son aménagement intérieur permet d'accueillir sur place une équipe soignante composée d'un médecin, de deux paramédics, d'un technicien de laboratoire et d'un  « commercial assurance », auxquels s'ajoutent le chauffeur et un assistant.

Les patients bénéficient sur place de consultations médicales, d'analyses immédiates simples, de soins et de médicaments de qualité provenant de la pharmacopée de GK. Ils sont accueillis soit en tant que membre de la coopérative de santé avec des conditions privilégiées de prise en charge, soit comme consultant libre moyennant des conditions de paiement moins avantageuses. Après diagnostic, ils peuvent être orientés vers l'hôpital référent de GK lorsque les soins le requièrent.

 

Extension de l'assurance santé à Tongi

Fort du succès ainsi rencontré à Dakha, GK veut étendre son programme à d'autres concentrations urbaines et s'est orienté vers la ville de Tongi. C'est une ville de 350 000 habitants de la banlieue nord de Dakha implantée au bord de la rivière Turag, et dédiée aux usines textiles travaillant à l'exportation. Elle bénéficie d'un nœud ferroviaire important. Après plusieurs années de services de santé assurés de façon informelle auprès de plusieurs usines de la zone, GK, s'appuyant sur son implantation pharmaceutique locale qui produit son paracétamol, a ouvert depuis 2013 un centre de santé appelé à devenir hôpital référent de 20 lits, et a développé son service d'unité mobile. 

La mise en oeuvre du projet s'est faite en lien avec les organisations des travailleurs, les habitants des bidonvilles et un Comité local constitué de représentants de GK, d'acteurs sociaux locaux et d'officiels du gouvernement local.
Pour la période 2013-2016, près de 13000 personnes ont bénéficié de soins grâce à la clinique mobile, celle-ci stationnant, par roulement, sur 28 lieux différents dans l'agglomération de Tongi, à raison d'une matinée ou d'un après-midi tous les 15 jours. 4820 familles ont été assurées avec le système assurance de GK.
Une salle de soins dentaires a été installée au Centre de santé de Tongi en 2015, ainsi qu'une salle de radiologie en 2016. Dans le futur une extension des services du Centre est prévue afin de pouvoir traiter des cas plus difficiles.
Ce programme n'est pas encore économiquement soutenable mais il fournit une médecine de proximité à une population très pauvre des banlieues de Dakha qui, sans cela, n'a pas les moyens de se faire soigner.
Le Comité de soutien à GK a participé au fonctionnement de ce programme entre 2013 et 2016 avec un apport de plus de 54000€. Il recherche toujours des partenaires pour soutenir ce projet.

 

Les Hôpitaux de GK


L'hôpital de GK de Dhaka a 275 lits et possède un service d'urgence qui fonctionne 24heures/24. Il sert également de CHU pour les étudiants de la faculté de Médecine de GK à Savar. Les soins couvrent diverses spécialités. Ils sont payants mais à des tarifs dégressifs en fonction des revenus, et on y accepte les patients sans ressources.

Mai 2017 : création du Gonoshasthaya Dialysis Center (GDC) à l’hôpital de Dhaka.

Le Bangladesh compte environ 18 millions de malades en insuffisance rénale chronique et   40 000 meurent chaque jour. Seulement 10% d’entre eux peuvent payer les soins qui leur seraient nécessaires et 75% des personnes qui commencent un traitement par dialyse sont obligées d’abandonner après trois mois faute de moyens financiers.
C’est donc pour répondre à des besoins importants que GK a mis tout en œuvre pour créer cette unité à l’intérieur de son hôpital de Dhaka.
Le nouveau centre de 100 unités de dialyses, équipé avec les standards internationaux est le plus grand au Bangladesh. Il est étudié pour être aussi confortable que possible pour les malades comme pour les familles qui les accompagnent durant les sessions de traitement d’une durée de cinq heures chacune.
Le GDC a une capacité de 450 à 500 sessions de dialyses par jour. Ouvert 24h/24 et 7j/7, il est géré par une équipe pluridisciplinaire, spécialisée, avec des paramédics recrutées et formées par GK.
Suivant toujours sa politique d’aide aux plus pauvres, GK applique des tarifs inférieurs à la norme au Bangladesh et adaptés aux revenus des patients.
Les très pauvres (5%) reçoivent les soins gratuitement, les pauvres (60%) paient 1100 tk (12€) par session, les classes moyennes (30%) paient 1500 tk (17€) et les riches (5%) paient 3000 tk (33€).
Actuellement, 100 patients par jour bénéficient des soins.

Lire article de presse

L'Hôpital de GK à Savar a également 275 lits et offre de très nombreuses spécialités. A noter qu'un important et très novateur département de physiothérapie a été ouvert à l'hôpital de Dhaka et à l'hôpital de Savar. Les médecins physiothérapeutes interviennent dans différents services de 2 hôpitaux.

Un laboratoire de micro-biologie  et un laboratoire d'hématologie sont adjoints aux hôpitaux de Dhaka et de Savar, ainsi qu’un laboratoire de contrôle-qualité des produits pharmaceutiques à Savar.

L'Hôpital de Sreepur a 50 lits. Il se situe dans une localité assez isolée dans la campagne, dans le district de Gazipur. C'est aussi un lieu de formation des paramédics. Tous les Referral Hospitals de GK disposent d'un service d'urgence ouvert 24 heures sur 24.

 

Les Centres de Développement Intégré dans les Chars et les CHT 

 

Au centre du dispositif complexe des Centres de développement intégré on trouve outre l'école, le bureau de prêt saisonnier et la banque coopérative, un Centre de Santé complet ouvert 24h sur 24 avec présence permanente d'au moins trois paramédics, consultations de médecins spécialistes, salle de consultation, chambres pour patients, pharmacie, petit laboratoire.

Dans les Chars, ces centres sont au nombre de trois : Kolakata, Ostoashir (district de Kurigram), Char Jhanjahir (district de Gaibandha).
Trois paramédics résidant sur place assurent les soins de base et travaillent en collaboration avec les sages femmes traditionnelles dont un bon nombre sont formées par GK. Un médecin visite régulièrement chaque centre.
Suite aux inondations de l’été 2016, les conditions de vie y sont très précaires, en particulier sur le Char Jhanjahir.

Dans les CHT, le centre de développement intégré de Y Junction (district de Bandarban) dessert les familles des minorités ethniques qui peuplent cette région montagneuse reculée, privée d’infrastructures gouvernementales (l’hôpital le plus proche est à Thanshi, 70 km).
Trois paramédics, issues des minorités  ethniques, parlant tous les dialectes et vivant sur place, ainsi qu’un médecin et un laborantin, venant régulièrement de Cox’Bazar, en assurent le fonctionnement.
Le centre assure le suivi de 2400 familles composées, en moyenne, de six membres. Entre juin 2015 et juin 2016, 1967 patients ont été vus, principalement pour anémie, fièvre, infections respiratoires, diarrhées, soins pré et post-nataux.

Gk aimerait assurer la présence permanente d’un médecin à Y Junction, mais le gouvernement ayant décidé que seules les ONG locales pourraient désormais travailler dans la région, GK ne sait pas encore si son engagement dans ce territoire pourra perdurer.

 

Le camp médical spécialisé

 

Les camps médicaux font partie intégrante des programmes de santé de GK. Ils sont une innovante mise en œuvre du projet propre au Dr Zafrullah : apporter les soins de santé au plus proche des communautés , le « door to door ».

Le principe :

Du fait des carences des divers niveaux de services de santé, les besoins exprimés restent mal satisfaits, et GK démontre, par sa présence itinérante, la possibilité de soins de qualité à un prix très économique. GK met l'accent aussi sur l'information aux patients et les pratiques de médecine préventive.

Pratiquement :

Les camps médicaux sont régulièrement organisés dans les zones rurales isolées et, outre les pathologies courantes, sont spécialisés dans certains domaines : maladies des yeux ou de la peau, soins des enfants, problèmes gynécologiques, MST, etc... Axés sur les groupes vulnérables, ils visent prioritairement les enfants, les femmes et les personnes âgées. Organisés en étroite relation avec les autorités locales, les structures scolaires et sociales, ils se tiennent dans des locaux scolaires ou autres bâtiments appartenant à la communauté, et mobilisent toutes les énergies locales : enseignants, auxiliaires de santé, jeunes volontaires fonctionnaires etc...
Chaque camp est précédé d'une campagne de publicité réalisée à travers affichages, journaux et par les équipes sur place (paramédics et TBA).

L'équipe mobilisée est composée de 30 à 50 personnes durant une à deux semaines : médecins généralistes, médecins spécialistes, paramédics, kinésithérapeutes, personnels de santé, provenant pour une large part du Collège Médical des Hôpitaux de Savar et Dakha accompagnés des équipements essentiels et des médicaments de base.

L'activité de ces camps médicaux se poursuit durant plusieurs jours à un rythme soutenu à la lumière du jour puis à l'aide des groupes électrogènes apportés pour prendre la relève jusqu'au coeur de la nuit. Les patients qui se sont préalablement inscrits se comptent par centaines et sont traités sur place dès que le diagnostic est posé.

Voyons le bref récit du docteur Zafrullah dans un mail de février 2014 : « Je rentre juste à Dakha après un voyage de 17 heures par routes et rivières en provenance de Botha Island dans le sud du Bangladesh. Nous y avons tenu un « Camp médical et chirurgical» . L'équipe de GK a reçu 1887 patients et assuré 113 opérations chirurgicales majeures ou mineures, incluant l'ablation d'une grosse tumeur ovarienne, et 17 cataractes. Ce travail me fait du bien. J'espère y retourner la semaine prochaine avec un groupe d'étudiants en médecine nouvellement inscrits à l'université de GK pour la première tranche de la "pratique rurale obligatoire" (inscrite à tous les cursus médicaux de GK's University)».

Les objectifs principaux poursuivis sont :

  • identifier et traiter les grands problèmes de santé publique des populations de la région visée,
  • faire diffuser les connaissances en matière d'hygiène et de santé,
  • rendre attentifs les gens sur leur état général de santé,
  • rebâtir le lien social dans les communautés,
  • offrir les services spécialisés de soins de santé incluant les actes de chirurgie.

C'est aussi l'occasion de donner aux étudiants de la faculté de médecine de GK la possibilité d'effectuer leur stage de soins (obligatoire dans le cursus) en totale immersion dans le milieu des très pauvres communautés villageoises. 

A titre d'exemple, voici quelques camps médicaux fonctionnant régulièrement en 2017 sous la direction du Dr Rezaul Hauque :

-Charfassion (zone côtière sud), tous les mois pendant sept jours avec, en moyenne, 12 consultants, 12 "medical officers", 15 paramedics, un dentiste, un physiothérapeute, un pathologiste.

-Biswanath (région très pauvre près de Sylhet), tous les deux mois pendant deux jours avec trois consultants, trois "medical officers", sept paramédics, un dentiste, un microbiologiste.

-Kasinathpur (ouest de Savar), toutes les semaines.

-Gaibanda (dans le nord) , tous les trimestres.

-Parbatipur (est de Dinajpur dans le nord-ouest), tous les trimestres.

Pour prendre la mesure de cet investissement, soulignons que ces camps médicaux développent un service supplémentaire de qualité en sus de l'offre permanente de soins des hôpitaux, centres primaires de santé et « door to door » au service des populations prises en charge (1 500 000 personnes).

 

La production de médicaments essentiels 

 

C'est en 1981 que GK s'est lancé dans la production de médicaments essentiels, afin de les rendre accessibles à la majorité de la population. Son usine, G.P.L. (Gonoshathaya Pharmaceuticals Limited) a employé jusqu'à 250 ouvriers, en majorité des femmes des villages environnants, et produit 60 médicaments génériques de haute qualité, à des prix très inférieurs à ceux pratiqués par les multinationales. L'expérience de G.P.L. et le rôle central joué par le Dr Zafrullah dans la réforme des politiques nationales du Médicament et de la Santé, montrent bien l'engagement de GK vis à vis de la nation bangladaise et de la partie la plus pauvre de la population. GK a été confronté à l'hostilité de groupes d'intérêts qui s'est manifestée par l'attaque de l'usine G.P.L. en 1985 ou par un certain boycott des médicaments G.P.L. depuis 1990. Mais à aucun moment GK n'a faibli dans son combat au service des plus pauvres.

En 1986, GK a mis en place la première usine au Bangladesh produisant des matières premières de qualité internationale pour cinq antibiotiques. Sa production de 60 tonnes par an, a couvert pendant plusieurs années 90% des besoins du pays.

La production des médicaments génériques varie en fonction des besoins et des marchés. La vente ne se fait pas aussi bien qu'espéré ... pour des raisons éthiques, car GK n'accepte pas de verser des "dessous-de-table" qui lui permettraient d'entrer vraiment sur le marché ; d'autre part le marketing de GK n'est pas suffisant. La production des substances chimiques de base qui entrent dans la fabrication des antibiotiques, marche mieux ; des compagnies et même des multinationales les achètent à GK, et sur ce secteur on a dû agrandir l'usine. Bien que la vive tension initiale avec les multinationales, violemment opposées à ce programme de GK, se soit calmée, GK se trouve confronté à une forme d'opposition frontale et sournoise : les multinationales paient les médecins pour qu'ils n'utilisent pas les médicaments de GK, mais incitent les malades à acheter plutôt leurs propres médicaments.

En décembre 2016, les membres du Comité de Soutien en visite au Bangladesh, ont pu constater que l'usine de fabrication des médicaments génériques située à Savar fonctionnait à plein et que celle de Cox's Bazar, spécialisée dans la fabrication des poudres vitaminées pour les bébés, femmes enceintes, seniors, couvrait les besoins de GK et permettait en outre de venir en aide aux réfugiés Rohingas.
La production de l'usine pharmaceutique permet de répondre aux besoins de tous les centres de santé et hôpitaux tenus par GK à travers tout le Bangladesh, ce qui rend l'ONG autosuffisante en médicaments de base.

Comit de soutien  CK-SAVAR BANGLADESH